Le bon grain et l’ivraie
L’Histoire, et les historiens, s’emploient à séparer le bon grain de l’ivraie. L’exercice est louable mais encore faut-il ne pas se tromper dans les classements sous peine de rejeter le bon grain et de ne garder que l’ivraie. Lorsque l’on prétend distinguer les intellectuels progressistes, qui vont dans le sens de l’histoire, des intellectuels qui s’opposent au progrès social en défendant les forts contre les faibles, l’immoralité contre la moralité, l’intérêt égoïste contre le bien commun, mieux vaut ne pas faire d’erreur. Ce sont de telles erreurs que cet article entend corriger.

La critique du conservatisme, voire du ségrégationnisme inavoué de James Buchanan (Prix en l’honneur du Nobel 1986 de sciences économiques) formulée par des auteurs tels que Michel Feher[1] ou la sociologue australienne Melinda Cooper[2] illustre bien le danger. Michel Feher (2024, p. 131) écrit un livre sur la distinction prédation-production afin de montrer que le succès du Rassemblement National n’est pas la conséquence d’un vote de rejet, mais d’un vote idéologique qui racialise l’opposition prédation-production : c’est parce que les étrangers vivent sur le dos des Français que le pays s’effondre. Michel Feher fait la généalogie de cette idéologie et conclut son chapitre sur les pérégrinations de cette opposition entre « producteurs et parasites » ce qui le conduit à citer l’école des choix publics et les travaux de James Buchanan. Il cite à cette occasion les ouvrages de Melinda Cooper et conclut que James Buchanan aurait développé un productivisme prudemment racialisé qui aurait pour fonction de populariser la rationalité néolibérale ; rationalité néolibérale qui aurait pour adversaire le sage compromis keynésien des années 1950-1970 remis en cause à partir de cette décennie.
Ces historiens des idées présupposent ainsi le racialisme de Buchanan sans en apporter aucune preuve. Ils n’iront en revanche jamais parler des positions de John Maynard Keynes sur la population et le corporatisme. Ils cachent ainsi le fait que Keynes préconisait un contrôle par le gouvernement de la taille et plus étonnant encore de la qualité de la population d’un pays pour le sauver de la décadence. Car Keynes avait bien une vision eugéniste des politiques démographiques. S’il y a les bons et les mauvais penseurs, les bons ne sont donc peut-être pas ceux que l’on croit. Buchanan est probablement du côté des bons. Keynes, en revanche, est probablement du mauvais côté de l’Histoire. On pourrait ainsi poser l’anathème sur le progressisme de Keynes et réhabiliter le libéralisme de Buchanan. Cela reviendrait à séparer correctement le bon grain de l’ivraie et à rejeter ce dernier.
Buchanan et les discriminations raciales
Pour Michel Feher (2024, p.131) Buchanan ne cacherait pas sa nostalgie du Sud ségrégationniste. Il existe pourtant très peu de travaux sur une quelconque politique raciale de la part de Buchanan et il est incontestable que l’école des choix publics – dont Buchanan fut l’un des piliers – a eu le mérite de développer les outils qui permettent de comprendre et de condamner toutes les formes de discrimination et de suggérer que soit inscrit dans le marbre de la loi le principe du traitement égal de tous.
De fait, les idées de Buchanan, comme de tout un chacun, sont pour partie le fruit de son éducation. La sienne s’est faite à Chicago[3]. Or, tous les professeurs de l’école de Chicago ont condamné la ségrégation : Milton Friedman, dans Capitalisme et liberté, (1962) critique la ségrégation sur la base de la théorie des prix. Il mobilisait pour cela la socio-économie de son futur collègue le Pr. Gary Becker (1955) qui lui-même, dans The Economics of Racial Discrimination, proposait une critique des politiques de ségrégation. Buchanan fait de même dans un article écrit en septembre 1965 pour la National Review[4]. Il note que le salaire minimum pénalise de manière disproportionnée les membres les plus vulnérables de la population active, c’est-à-dire les individus qui perdent ou ne trouvent pas d’emploi parce que leur productivité est insuffisante. Si dans le Sud des États-Unis les plus fragiles sont les travailleurs noirs, ils deviennent les premières victimes de l’institution d’un salaire minimum.
Georg Vanberg (2017[5]), professeur de sciences politiques et de droit, à la Duke University aux Etats-Unis, apporte au débat deux lettres privées de James Buchanan qui expriment avec éloquence « une vision de l’éducation qui défend la valeur de la diversité, condamne explicitement “les méfaits de la ségrégation raciale, sociale et culturelle” et fait part de ses réserves concernant les chèques scolaires s’ils menacent ces valeurs ».
En 1965, James Buchanan, dans le cadre du Thomas Jefferson Center (TJC) – le programme de recherche que Buchanan a dirigé à l’Université de Virginie –, a invité l’économiste anti-apartheid William H. Hutt. Hutt avait retracé dans son livre de 1964 l’histoire de l’apartheid en Afrique du Sud[6]. Il attribuait cette politique aux restrictions imposées sur le marché du travail par les syndicats blancs, d’une part, et aux obstacles mis en place par le gouvernement pour empêcher les Africains noirs de concurrencer les hommes d’affaires blancs, d’autre part. Pour venir à bout de l’apartheid il proposait l’ouverture du marché du travail, la protection des droits individuels et le libre-échange.
Ajoutons avec Phillip Magness que, comme tous les libéraux, James Buchanan soutient le principe d’égalité formelle devant la loi. Un tel principe donne une chance égale pour chacun de trouver ou de se faire sa propre place dans la société. La discrimination, la ségrégation, l’apartheid violent ce principe. Il est donc clairement problématique que des intellectuels qui se disent spécialistes de l’histoire des idées traitent Buchanan de racialiste. Car la réalité, on le voit, est tout autre.
De même, lorsque les partisans de la « critical theory of race » développent des représentations négatives de l’école des choix publics et de l’une de ses figures centrales, James Buchanan, ils montrent qu’ils ne connaissent pas les écrits de ces théoriciens (Magness 2020, p.438, op.cit.). Car il est impossible, si on lit sérieusement les auteurs de l’école des choix publics, de relayer et d’accréditer l’idée que cette école de Virginie aurait défendu une théorie suprémaciste blanche ou tout autre forme de discrimination.
Il y a donc bien instrumentalisation de l’histoire des idées pour tenter d’étayer la thèse selon laquelle les libéraux auraient toujours été du mauvais côté de l’Histoire. À la différence des progressistes qui, eux, auraient toujours été du côté de la morale…
Keynes, l’eugénisme, et le corporatisme
Si Buchanan et plus encore l’école des choix publics n’ont pas pris les positions qu’on leur prête, Keynes en revanche a bien acté la mort du libéralisme et défendu l’eugénisme et le corporatisme. Ce n’est pas parce que Keynes ne condamne pas la propriété privée qu’il peut être qualifié de néolibéral, comme le soutient pourtant Collins[7], ce n’est pas non plus parce qu’il ne souhaite pas sauver le capitalisme qu’il est socialiste[8] (Fuller), ou social libéral[9] (Crotty). Indépendamment de sa théorie économique, Keynes (1883-1946) s’intéresse aux auteurs eugénistes comme Sir Francis Galton dès son travail de doctorat sur les probabilités en 1907[10] et défend cette position jusqu’à la fin de sa vie[11]. Il soutient le corporatisme au moins durant les années vingt. Doctrines qui inspirent la plupart des régimes autoritaires des années trente.
L’eugénisme de Keynes
Pour comprendre la place que Keynes fait à l’eugénisme dans sa résolution des problèmes sociaux, il faut, si l’on suit la position de l’historien des idées David Roth Singerman[12], replacer, curieusement, le débat autour de la question des loisirs. L’idée est que le progrès technique va rendre les économies prospères, donc faire baisser le temps de travail et donc donner du temps libre au plus grand nombre. Or, ce temps supplémentaire va poser le problème de l’oisiveté. Pour Keynes il était en effet impossible d’envisager l’ère des loisirs et de l’abondance sans appréhension. Le problème le plus redoutable auquel sera confronté l’homme ordinaire, sans talent particulier, serait de savoir s’occuper (Singerman, p.539) ! Les mots « ordinaires » et « sans talent » sont ici les plus importants car ils expliquent pourquoi, pour résoudre le problème de l’abondance, une sélection des hommes capables de vivre dans l’abondance et le loisir est nécessaire. Cette idée était directement inspirée de l’eugénisme.
Pour Singerman (p.540) l’eugénisme de Keynes est connu et bien documenté. Sauf en France, semble-t-il… En 1911, Keynes était le trésorier de la Cambridge University Eugenics Society, association fondée en 1908 par Francis Galton, le cousin de Charles Darwin. Dans les années quarante Keynes siège au conseil national de cette association. Juste avant sa mort, il affirmait que l’eugénisme était « la branche la plus importante, le plus significative et la plus authentique de la sociologie de son temps » (Keynes 1937[13], cité par Singerman, p. 540). Cette présence de Keynes sur les bancs de la société des eugénistes a même été utilisée contre tous ceux qui souhaitaient discréditer ses prescriptions de politique économique. Keynes enseignait l’eugénisme et s’en inspirait pour penser les problèmes de son temps. Il allait jusqu’à soutenir qu’il était acquis que les « races basses » propageaient la maladie, l’immoralité et le crime. La présence de Chinois, de Slaves, de Polonais et d’Italiens était qualifiée de pollution raciale. La convergence la plus évidente entre Keynes et Galton se retrouve dans leur intérêt commun pour Malthus. Pour Keynes, il est hors de question de s’en tenir au respect des libertés individuelles pour traiter des problèmes de population (Toye 1997[14]). Pour traiter les problèmes réels de surpopulation (quantité) et de qualité des populations, les politiques démographiques devaient prêter « attention à la qualité innée aussi bien qu’au simple nombre de ses futurs membres » (Keynes [1926] 1972[15], p. 292). Ces politiques de contrôle et de sélection des naissances avaient toutes les qualités apparentes de politiques scientifiques. Elles devaient freiner le déclin britannique et regénérer les sujets de l’empire. Une gestion eugénique efficace de la société devait résoudre les maux du capitalisme et de l’Empire.
Ces prises de position discréditent évidemment le personnage, brise la légende, mais il ne faut pas oublier la popularité dont jouissait l’eugénisme durant les trois premières décennies du XXème siècle dans une large partie de la population et plus particulièrement chez les progressistes (Sowell[16], p. 57). Keynes appartenait en particulier au Bloomsbury Group dès 1903. Ce groupe réussissait des intellectuels, des philosophes et des artistes et travaillait, dans une perspective progressiste, sur la littérature, l’économie, l’esprit critique, le pacifisme, le féminisme, la sexualité et l’eugénisme (Boulter[17]). L’eugénisme était en ce sens une « science établie ». L’adhésion à ses théories peut même être interprétée en ces temps comme un signe de sophistication intellectuelle et de supériorité. Des livres avertissant du suicide racial, comme The Rising Tide of Color Against White World-Supremacy de Lothrop Stoddard (1920) et The Passing of the Great Race (1916) de Madison Grant, étaient des best-sellers dans les pays anglo-saxons.
La défense du corporatisme
C’est dans ce contexte intellectuel et moral que Keynes a développé sa théorie économique mais aussi sa doctrine ; doctrine qui, au moins durant les années vingt, était le corporatisme (Crotty[18]). Le corporatisme affirme que l’État doit être le garant de l’insertion de chaque individu dans son corps professionnel. Il a inspiré les politiques de nombreux régimes autoritaires : Salazarien au Portugal, fasciste en Italie, phalangiste en Espagne et Vichy en France.
Dans les années vingt, Keynes était résolument corporatiste (Crotty, 1999, p. 556). Il a ardemment défendu cette doctrine dans son pamphlet La fin du laissez-faire. Dans son esprit il s’agissait « d’un retour (…) aux conceptions médiévales d’autonomies séparées » (Keynes 1972[19]), aux corporations. Il estimait que la mise en œuvre de cartel, de holdings, d’associations professionnelles, et de formes marquées de pouvoir monopolistiques devait être renforcée par les pouvoirs publics qui devaient acter la fin du laissez-faire et adopter des politiques industrielles fortes pour réguler le comportement des entreprises et des industries. Il faut faire faire à l’État ce qui échappe à la sphère de l’individu (Keynes [1926], 1972, p. 291). Le remède aux maux sociaux que sont les inégalités, le chômage et la détérioration de l’efficacité de la production se trouve en dehors des opérations des individus. Des individus qui peuvent même avoir un intérêt à aggraver les maux de la société. Le remède est à chercher dans « le contrôle délibéré de la monnaie et du crédit par une institution centrale ». Il est aussi dans une action coordonnée et réfléchie en matière d’épargne et d’investissement. Il faut collectivement s’entendre pour savoir combien de ressources sont épargnées, combien sont investies à l’étranger, combien sont investies sur le territoire nationale. Il conclut : « Je ne pense pas que ces questions doivent être entièrement laissées au hasard des décisions et des profits privés, comme c’est le cas actuellement. » ((Keynes [1926], 1972, p. 292).
On retrouve là l’élitisme de Keynes. Il y a ceux qui sont dans la lumière et ceux qui sont dans l’obscurité. Si on associe cet élitisme cognitif à l’eugénisme, il devient inacceptable, car il conduirait à écarter, ostraciser les ignorants. Rappelons cependant que l’élitisme n’est pas nécessairement lié aux théories eugénistes.
Toutes ces prises de position expliquent pourquoi un leader politique comme Oswald Mosley (1896-1970)[20], fondateur du British Union of Fascists (BUF), va proposer un programme de réforme économique radicale fondé sur les idées de John A. Hobson (1858-1940), de Clifford H. Douglas (1879-1952) et de John Maynard Keynes (1883-1946), et défendre la création d’un État corporatiste au Royaume-Uni (Garvy 1975[21], Ocampo 2020[22]). Les positions de Keynes expliquent aussi pourquoi la « Mosleynomic », qui est une version simplifiée du keynésianisme, revient sans le savoir sur le devant de la scène avec les programmes des populistes de la droite européenne qui proposent le protectionnisme, le rejet de la finance mondialisée, le contrôle des banques, etc.
Conclusion
De cet examen des propos tenus par les historiens de la pensée nous retiendrons que l’accusation selon laquelle le néolibéralisme sous sa forme théorie des choix publics (Public Choice) serait racialiste et favorable à la discrimination n’est que supputation visant à salir la mémoire intellectuelle de Buchanan. Le même procédé avait d’ailleurs été utilisé pour tenter de discréditer Hayek en supposant des liens étroits entre lui et le dictateur Chilien. Dans le même temps, ces mêmes historiens de la pensée oublient les positions politiques et doctrinales de Keynes, comme si ses paroles les plus condamnables moralement sur le principe de l’égalité formelle de chacun devant la loi n’avaient jamais été prononcées. La seconde leçon est en conséquence que l’histoire des idées revêt un enjeu politique majeur. Cacher l’eugénisme de Keynes permet de focaliser l’attention sur ses travaux les plus techniques et de faire comme si Keynes n’était qu’un expert au service de l’amélioration du bien-être social, alors que Buchanan serait un simple idéologue au sens de Marx ; Buchanan serait presque sans le savoir au service des intérêts du grand capital. Il aurait perdu sa liberté de conscience.
La vérité est que Keynes était eugéniste et corporatiste et cet aspect de Keynes nuit à l’image patiemment construite du héros du XXème siècle. Car l’eugénisme est une forme extrême de dirigisme. En renforçant ce courant alors populaire, Keynes remplissait bien sa fonction d’expert ; celui supposé se mettre à la place de chacun pour le meilleur. A moins que ce ne soit pour le pire.
[1] Feher, M. (2024), Producteurs et parasites. L’imaginaire si désirable du Rassemblement National, Paris, La Découverte.
[2] Cooper, Melinda (2023), Counterrevolution. Extravagance and Austerity in Public Finance, New York, Zone Books, 564 p.
[3] Magness, P.W. (2020), “The anti-discriminatory tradition in Virginia school public choice theory,” Public Choice, 183 (3/4), 417-441.
[4] Cité par Phillip M. Magness, “What Did James M. Buchanan actually Believe about Segregation?” Lien : https://rebrand.ly/46cxfkf (consulté le 05/11/2025)
[5] Vanberg, G. (2017). “Democracy in Chains and James M. Buchanan on school integration,” The Washington Post, 1 september.
[6] Hutt, W.H. (1964), The Economics of the Colour Bar, The Institute of Economic Affairs, by Andre Deutsch.
[7] Collins, D. (1999), « Néolibéralisme ou keynésianisme rénové : la fausse alternative », L’Homme et la société, 135 (janvier-mars), 45-70.
[8] Fuller, E. (2019), “Was Keynes a socialist?” Cambridge Journal of Economics, 43(6): 1653–1682.
[9] Crotty, J. (2019), Keynes Against Capitalism: His Economic Case for Liberal Socialism, London: Routledge.
[10] Keynes fait référence dans sa thèse de doctorat à l’essai de Sir Francis Galton intitulé « Probabilité : le fondement de l’eugénisme ». On peut trouver cette référence dans son A Treatise on Probability. Voir. The Collected Writings of John Maynard Keynes, Vol. 8 (London: Macmillan and Cambridge University Press for the Royal Economic Society, 1971–89), p. 354.
[11] Keynes, J. M. (1946), “Opening Remarks: The Galton Lecture,” Eugenics Review.
[12] Singerman, D. R. (2016), “Keynesian Eugenics and the Goodness of the World.” Journal of British Studies. 2016;55(3):538-565.
[13] Keynes, J. M. (1937), “Some Economic Consequences of a Declining Population,” Eugenics Review 29 (1), 13−17.
[14] Le premier article de Keynes sur la population date de 1910. Il est conservé aux Archives du King’s College de Cambridge et n’a pas été inclus dans les œuvres complètes de l’auteur (Toye 1997). Keynes y évoque sa conception de la contraception. Il y était favorable contrairement aux malthusiens. Ces derniers affirmaient que la contraception limitait le nombre des enfants de riches ce qui était une mauvaise chose. Keynes répondait que « … mettre des obstacles à l’utilisation de la contraception augmente la proportion de la population née de personnes qui, par ivresse, ignorance ou extrême imprudence, sont non seulement incapables de vertu, mais aussi de la prudence qu’implique l’utilisation de la contraception. La qualité de la population devait alors être accrue par d’autres moyens que l’augmentation de la fécondité des classes respectables (Toye 1997, p.4). Voir. Toye, J. (1997), “Keynes on Population and Economic Growth,” Cambridge Journal of Economics, 21 (1), 1-26.
[15] “The time may arrive a little later when the community as a whole must pay attention to the innate quality as well as to the mere numbers of its future members” in Keynes, “The End of Laissez-Faire,” (1926), republié dans The Collected Writings of John Maynard Keynes, volume IX. Essays in Persuasion, MacMillan; St. Martin’s Press for the Royal Economic Society 1972.
[16] Sowell, Thomas (2025), Illusions de la justice sociale, Editions Carmin ; traduction et notes de Radu Stoenescu de l’ouvrage paru en 2023 : Social Justice Fallacies, Basic Books, New York.
[17] Boulter, M. (2017), “The Rise of Eugenics, 1901-1914” in Boulter, M., Bloomsbury Scientists: Science and Art in the Wake of Darwin. UCL Press, pp. 102–14.
[18] Crotty, J. (1999), “Was Keynes a Corporatist? Keynes’s Radical Views on Industrial Policy and Macro Policy in the 1920s,” Journal of Economic Issues, Vol. 33, No. 3 (Sep.), pp. 555-577.
[19] “I propose a return, it may be said, towards medieval conceptions of separate autonomies. But in England at any rate, corporations are a mode of government which has never ceased to be important and is sympathetic to our institutions” (Keynes 1972, p. 289).
[20] Voir Ritschel, D. (1977), “National Planning: Sir Oswald Mosley and the New Party,” in D. Ritschel, The Politics of Planning: The Debate on Economic Planning in Britain in the 1930s, Oxford: Oxford Historical Monographs; online édition, Oxford Academic.
[21] Garvy, G. (1975), “Keynes and the economic activists of pre-Hitler Germany,” i, 83 (2), 391-405.
[22] Ocampo, E. (2020), “Sir Oswald Mosley’s contribution to the Interwar Policy Debate and Fascist Economics,” Serie Documentos de Trabajo, No. 730, Universidad del Centro de Estudios Macroeconómicos de Argentina (UCEMA), Buenos Aires.
