Le libéralisme est une pensée politique et morale aux conséquences économiques, fruit de siècles de réflexions, de tâtonnements… et de révolutions. Une pensée qui a grandement contribué à libérer l’humanité. Pour ne pas perdre ce précieux héritage, il est nécessaire d’en étudier les composantes, d’en saisir la logique, de comprendre son adéquation avec la nature humaine. Il faut également savoir l’expliquer, le transmettre, car cette pensée ne peut être mise en pratique sans l’adhésion d’une très large majorité. La liberté, la responsabilité, le respect de l’autre doivent retrouver un statut d’anticipation légitime.

C’est pour servir cette fin que notre revue trimestrielle a vu le jour il y a huit ans déjà (nous préparons en effet le numéro 32 : 4 × 8 = 32. CQFD!).

Le Journal des libertés a été créé pour étudier le libéralisme. L’idée même d’étudier nécessite aujourd’hui d’être défendue face au succès d’une communication ultra-rapide, véhiculée par des réseaux sociaux qui partent du principe que « le message », pour être entendu, ne doit pas prendre plus de quelques minutes du temps de son lecteur. Sans doute y a-t-il du positif dans ces efforts de synthèse : nous comprenons depuis les travaux de l’économiste Gary Becker que, dans une société économiquement avancée, la valeur du temps s’accroît, ne serait-ce que parce que nous avons plus de choix qui s’ouvrent à nous, plus d’opportunités.

Mais si l’on peut apprécier cet impératif de « ne pas faire perdre son temps au lecteur, à l’auditeur ou au spectateur », nous devons également reconnaître qu’il est impossible de faire le tour d’une question sérieuse, d’apporter les nuances et précisions souvent nécessaires, en seulement une ou deux minutes. Il faut donc savoir prendre le temps et faire les efforts nécessaires pour étudier véritablement un problème, à défaut de quoi il sera souvent difficile d’acquérir une véritable compréhension de la question.

Étudier pour comprendre : oui, mais avec quels outils ? C’est ici qu’intervient le Journal des libertés. Son rôle premier est de permettre aux citoyens de tous âges qui souhaitent comprendre les enjeux de société – et découvrir en quoi la pensée libérale offre des pistes pour les surmonter efficacement – de disposer d’un outil performant.

Huit années d’expérience nous ont appris que la tâche est plus ardue qu’on pourrait le penser. Et cela pour de multiples raisons. Sans être exhaustif, il y a bien entendu le fait qu’il existe plusieurs « teintes » de libéralisme, ou plusieurs sensibilités, et qu’il faut savoir en rendre compte et donner sa place au débat sans pour autant perdre le fil de notre objectif. Il y a aussi le fait qu’il n’est pas toujours aisé de trouver les spécialistes – économistes, philosophes, juristes, sociologues, historiens… – capables d’expliquer correctement et de façon abordable des sujets parfois compliqués. Nos efforts ont en partie payé puisqu’au cours de ces huit dernières années, pas moins de 162 personnes ont contribué à notre réflexion – et je demeure persuadé qu’il reste de nombreuses « perles cachées » à découvrir. Mais beaucoup reste encore à faire si l’on veut transmettre la richesse de cette pensée au plus grand nombre.

Beaucoup reste à faire en particulier pour faire découvrir cette splendide source de connaissances que constituent à présent ces 32 numéros, avec leurs 343 articles et 95 notes de lecture, qui traitent de thèmes aussi divers que l’immigration, les retraites, le système éducatif, la monnaie, les cryptomonnaies, la global money, les dépenses publiques, la fiscalité, la Covid, les marchés des capitaux, l’Europe, le bien commun, l’environnement, le logement, les politiques industrielles, l’Ukraine, les archives du communisme, le protectionnisme, le principe de précaution, la Constitution… Quel outil précieux pour les étudiants et leurs professeurs, aussi bien que pour le citoyen désireux de comprendre !

Au terme de ces huit années, j’ai décidé de passer le relais à mon ami et collègue Erwan Queinnec, qui me succède au poste de rédacteur en chef. Je sais qu’il continuera à porter cette revue plus loin encore. Je suis reconnaissant à l’IREF et à la défunte ALEPS d’avoir cru en cette aventure, d’avoir cru en la nécessité d’étudier, de comprendre et de transmettre. Je reste bien entendu attaché à ce projet et continuerai à œuvrer au sein du comité de rédaction, que je remercie vivement pour son implication, son ouverture au débat et au partage des connaissances.

Un merci tout particulier à mon ami Christian Năsulea, auquel nous devons le splendide site de notre revue ainsi que la qualité de la mise en page. Soigner la forme fait aussi partie du « devoir de transmettre ». Et un merci enfin aux abonnés de la version papier qui cultivent encore le goût du livre.

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Pierre Garello

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